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UN DÉTOUR QUI N'EN EST PEUT-ÊTRE PAS
UN
«Soit un tableau peint par un Vénitien du
XVIIe siècle, Francesco Maffei 4 ; il
représente une belle jeune femme qui de la main
droite tient une épée, de la gauche un plateau
portant la tête d'un homme décapité on
l'a publié comme étant : «Salomé
avec la tête de Jean-Baptiste», attribution due
à G. Fiocco et dont Panofsky va démontrer
qu'elle est fausse.*
L'enquête commence par l'examen des sources
littéraires «En fait la Bible dit que la
tête de saint Jean-Baptiste fut apportée
à Salomé sur un plateau. Mais
l'épée ? Salomé n'a pas
décapité saint Jean- Baptiste de ses propres
mains. Or la Bible nous parle d'une autre belle jeune femme
dont l'histoire est en rapport avec un homme
décapité : Judith. Mais ici la situation est
tout à fait inverse l'épée convient
puisque Judith décapita Holopherne de ses propres
mains le plat ne convient pas, puisque le texte affirme
expressément que la tête d'Holopherne fut mise
dans un sac. Voilà donc deux sources
littéraires, qui s'appliqueraient au tableau avec un
droit égal et un égal manque
d'à-propos. Si nous interprétons cette
peinture comme représentation de Salomé, le
texte rend compte du plateau, non de l'épée
comme représentation de Judith, le texte rend compte
de l'épée, non du plateau.»

Francesco Maffei (1605-1660),
Judith
Les sources littéraires nous laissent dans le
«pire embarras», conclut l'auteur, qui s'adresse
en second lieu aux sources iconographiques. «Dans le
cas présent, nous devons nous demander s'il y eut,
avant que Francesco Maffei ne peignît ce tableau, des
représentations incontestables de Judith
(incontestables, parce qu'elles comportaient, par exemple,
la servante de Judith), où figurât mal à
propos le plateau ; ou d'incontestables
représentations de Salomé (incontestables,
parce qu'elles comportaient, par exemple, les parents de
Salomé), où figurât mal à propos
l'épée.»
Enquête faite, «...voici que nous ne
pouvons alléguer une seule Salomé armée
d'une épée mais nous trouvons en Ailemagne et
en Italie du Nord plusieurs tableaux du XVIe siècle
représentant Judith avec le plateau.»
D'où la double déduction que tire l'auteur,
générale d'abord, particulière ensuite
«Il existait donc un type de «Judith avec le
plateau», mais non un type de «Salomé avec
l'épée». De là nous pouvons en
toute certitude conclure que le tableau de Maffei
représente Judith, et non, comme on l'a
prétendu, Salomé.»
L'appartenance de l'épée et/ou du
plateau à la classe de Judith (cercle A) et sa non
appartenance à la classe complémentaire des
«sans épée» (couronne B - A) permet
d'établir que la jeune femme peinte avec
l'épée et/ou le plateau appartient à la
classe de Judith (cercle A') et n'appartient donc pas
à la classe de Salomé (couronne
B'-A').

«L'ensemble de tous les messages admis par un
signal déterminé ou par un autre signal
appartenant au même code constitue, écrit
Prieto, ce que nous appellerons le «champ
noétique» de ce code. (...) L'ensemble de tous
les signaux appartenant à un code
déterminé sera appelé le «champ
sémantique» de ce code.» 5
Le code est essentiellement le système qui permet
d'établir la correspondance entre les deux champs.
Dès lors, il est bien évident qu'il
échappe à la décision individuelle. Ce
sont les membres du groupe (pas de n'importe quel groupe)
qui se mettent d'accord «sur les classes à
distinguer et sur les correspondances à
établir entre elles» 6 est clair que
quiconque interviendrait dans la démonstration de
Panofsky, en relevant, par exemple, le côté
charnel de la jeune femme peinte par Maffei, provoquerait
à proprement parler un court-circuit. Une
considération de ce genre serait parasitaire, non
pertinente. Si elle se développait, elle
entraînerait la nécessité de modifier
les classes et leurs correspondances respectives, donc un
changement de code.
Un exemple tiré de la signalisation
routière permettra d'éclairer ce point. Deux
voitures côte à côte dans un cercle blanc
bordé de muge signifient «dépassement
interdit». Si j'augmente ou diminue le diamètre
du disque, la signification ne change pas. Si
j'enlève en revanche le bord muge et que je le
remplace par un jaune ou un orangé ou encore par des
hachures, j'altère fondamentalement le rapport de ce
panneau avec les autres. C'est le code lui-même qui
est rompu. Au principe du code et de son fonctionnement se
trouve donc l'attitude qu'on prend et qu'on maintient. Il ne
s'agit en effet jamais d'une nécessité
«naturelle» il s'agit toujours d'une
«contrainte» sociale (qu'on pourrait aussi bien
appeler «facilité» sociale) dont l'effet
«contraignant» (ou «facilitant»)
résulte des institutions qui expriment
elles-mêmes l'organisation sociale.**
Si l'on s'interroge sur l'opération
fondamentale de ce mécanisme, on découvre
aussi bien à l'origine qu'au terme et en cours de
fonctionnement qu'il s'agit encore et toujours de
classement. Tout indice, tout signal désigne toujours
une classe. La réussite ou l'échec de l'acte
sémique, par quoi se définissent la
communication et, plus largement, la
«compréhension», commence et finit par une
opération de classement, ainsi que le montre le
schéma de Prieto.
Pour l'émetteur aussi bien que pour le
récepteur «le premier pas est une
opération de classement : une entité
concrète est reconnue comme étant un membre
d'une classe. Le message est reconnu par l'émetteur
comme étant un membre du signifié d'un
sème, le signal est reconnu par le récepteur
comme étant un membre du signifiant d'un sème.
C'est également par des opérations analogues
que se termine l'acte sémique pour l'émetteur
et pour le récepteur : l'opération finale
consiste pour l'un aussi bien que pour l'autre en la
sélection d'un membre d'entre tous ceux qui composent
une classe. L'émetteur sélectionne d'entre
tous les membres d'un signifiant le signal qu'il produit le
récepteur sélectionne d'entre tous les membres
d'un signifié le message qu'il attribue au signal. Le
passage du concret à l'abstrait a donc lieu sur le
plan de l'indiqué pour l'émetteur, sur le plan
de l'indiquant pour le récepteur. Naturellement, le
passage de l'abstrait au concret a lieu, au contraire, sur
le plan de l'indiquant pour l'émetteur et sur le plan
de l'indiqué pour le récepteur.»
7
Texte abstrait, mais qui correspond à ce que
nous faisons «spontanément» tous les jours.
Ranger une bibliothèque en livres reliés
et livres brochés, ranger une armée en forces
terrestre, maritime, aérienne, dépouiller un
vote en rangeant d'une part, les «oui», de
l'autre, les «non» et les abstentions, ou, plus
simplement, conduire sa voiture en tenant compte des signaux
routiers. En dépit de leur grande
variété et de leurs innombrables applications,
tous les codes se ressemblent à la fois dans leurs
principes et leurs mécanismes respectifs.
Or la détermination des classes, condition du
fonctionnement des codes, n'est pas davantage
«naturelle». Elle est, elle aussi, l'effet de
l'organisation sociale. Détiennent les clés
ceux qui ont pouvoir de déterminer les classes. Ce
que ne soupçonnent presque jamais les usagers, tout
occupés qu'ils sont au fonctionnement des codes, et
qu'éclaire, mieux qu'une démonstration, le
poète du «non sense», Lewis Caroli. Chacun
se souvient de l'étonnante rencontre entre Alice et
Humpty Dumpty et au cours de laquelle Humpty Dumpty se
glorifie de la cravate qu'il a reçue du Roi comme
«un cadeau de non-anniversaire». Ce qui vaut
à Alice, outre l'abasourdissante démonstration
que les cadeaux d'anniversaire sont moins avantageux que les
cadeaux de non-anniversaire, la réflexion suivante
à propos du mot «gloire» : «Quand
j'emploie un mot, dit Humpty Dumpty avec un certain
mépris, il signifie ce que je veux qu'il signifie, ni
plus ni moins.
» - La question est de savoir, dit Alice, si vous
pouvez faire, que les mêmes mots signifient tant de
choses différentes.
» - La question est de savoir, dit Humpty Dumpty, qui
est le maître- c'est tout.» 8
Les codes sont donc, non seulement affaire de règles,
de fonctionnement et d'usage, mais aussi et au premier chef,
de pouvoir. ***
Un autre point mérite d'être
examiné. Qu'il s'agisse de la langue ou de la
signalisation routière, un code ne fonctionne pas
dans l'abstrait. Les classes que l'usager manipule
s'établissent dans certains matériaux :
matière vocale, signes écrits, panneaux de
métal, couleurs, etc. Ces matériaux eux-
mêmes dépendent d'une certaine technique.
L'appareil phonatoire ne change guère (il s'agit
toujours d'articuler la colonne d'air fourni par l'appareil
respiratoire au moyen de la glotte, de la langue et des
lèvres, etc.), mais les autres codes se modifient
considérablement avec le développement des
techniques. Si Panofsky avait disposé des seules
sources littéraires, c'est-à-dire des textes
imprimés de la Bible, il n'aurait de son propre aveu
pu établir que le tableau de Francesco Maffei
représente Judith.
C'est l'examen des types, c'est-à-dire des
sources iconographiques, qui lui a permis de conclure avec
certitude. Mais comment s'opère cet examen ? Panofsky
nous dit bien qu'il s'agit pour lui de rassembler des
«représentations incontestables» de
Salomé, auxquelles sera confronté le tableau
de Maffei mais il ne nous dit pas comment il procède
effectivement. La phrase qui commence par : «Or voici
que nous ne pouvons alléguer une seule Salomé
armée d'une épée, mais nous trouvons en
Allemagne et en Italie du Nord plusieurs tableaux du XVIe
siècle représentant Judith avec un
plateau...», nous conduit directement à la
conclusion. Que s'est-il passé dans
l'intervalle ? Il a bien fallu ou que Panofsky se
rende en Allemagne, en Italie du Nord pour recenser tous les
tableaux du XVIe siècle qui se rapportent aux types
Salomé ou Judith ou qu'il ait trouvé un moyen
plus économique que le voyage pour faire une telle
recension. C'est exactement à ce point qu'intervient
le facteur technique. Même si Panofsky ne le dit pas,
il est à peu près certain qu'il ne s'est pas
déplacé de lieu en lieu, mais qu'il a
utilisé des publications, et surtout le
matériel photographique qu'elles contenaient. C'est
en effet à partir de photographies en noir (la
couleur n'était pas nécessaire à son
propos) que sa démonstration a pu avoir lieu et a
lieu. La distribution en classes, opérée
à partir des seules sources littéraires, a
abouti à un rapport d'exclusion entre les types
Salomé et Judith. En revanche, la distribution en
classes, opérée à partir du
matériel photographique, a permis une redistribution
dans laquelle le rapport d'union (et/ou) fournit à
l'auteur le moyen de conclure avec certitude. Les traits
pertinents ne dépendent donc pas seulement de la
logique conçue comme un ensemble de principes
abstraits; ils dépendent aussi des mc yens techniques
mis en uvre. Seul l'examen attentif de ce
matériel «économique» (qu'on songe
au temps et aux descriptions qu'il aurait fallu si ce moyen
n'avait pas existé) lui a permis de repérer
les indices dont son enquête fait état. Toute
connaissance se constitue bel et bien à partir de
conditions, non seulement théoriques, mais aussi
matérielles et techniques. ****
L'usage que fait Panofsky du code de la photographie
correspond à l'usage qu'il fait du code de la langue.
Il s'agit dans les deux cas d'utiliser ce que les linguistes
appellent la «discrétion», qui permet de
déterminer des unités discrètes.
«De même qu'on ne peut rien concevoir qui soit un
peu moins «bière» et un peu plus
«pierre», observe Martinet à propos des
phonèmes, on ne saurait envisager une
réalité linguistique qui ne serait pas tout
à fait /b/ ou serait presque /p/ ; tout segment d'un
énoncé reconnu comme du français sera
nécessairement identifiable OU comme /b/ OU comme /p/
OU comme un des 32 autres phonèmes de la
langue.» 9 De même, relève
Mounin à propos des monèmes : «le mot
cheval ne peut pas renvoyer à quelque chose qui soit
plus ou moins cheval.» 10 Le propre de la
«discrétion» ainsi entendue est de
distribuer les signaux en deux classes, et seulement en deux
classes ; partant, de les faire correspondre à deux
classes de signifiés, et seulement à deux
classes. Dans ses Essais d'Iconologie, Panofsky reproduit
côte à côte la Judith de Francesco
Maffei, qui est une peinture sur toile, et une Tête de
saint Jean-Baptiste, qui est un bas-relief
néerlandais sur bois. Or, ni la technique, ni la
forme, ni la matière, ni la couleur, ni les
dimensions, ni l'éclairage n'entrent pour lui en
ligne de compte. Autant de traits qu'il tient pour non
pertinents. La pertinence consiste tout entière pour
lui dans la seule présence ou la seule absence de
l'épée ou du plateau, seules
«unités distinctives», seules
«unités discrètes». L'alternative
exclut tout message intermédiaire.
La certitude à laquelle atteint Panofsky n'est
pas absolue, elle est relative aux principes logiques qui le
guident, ainsi qu'aux conditions matérielles,
techniques et linguistiques dans lesquelles il opère.
Une telle attitude et un tel cade sont propices à la
solution de certains problèmes non pas de tous. Est
ainsi privilégié tout ce qui ressortit
à un traitement binaire identifier une uvre (ou
un groupe d'uvres) l'authentifier, la localiser, la
dater, établir son attribution. Ce qu'on appelle
«objectivité» dépend
étroitement, non seulement de la rigueur de l'esprit,
mais aussi de la technique employée pour transposer
le signal en signifiant, le message en signifié.
Opération capitale : le signal et le message
sont des faits concrets le signifiant et le signifié
sont des entités abstraites qui désignent des
classes*****. Pour fonctionner, le code a donc toujours
besoin d'un savoir préalable qui lui sert à la
fois d'appui et de caution, et qu'il
prolonge.
4. Erwin Panofsky, Essais d'iconologie. Les thèmes
humanistes dans l'art de la Renaissance. Paris nrf
Gallimard, 1967, coll. Bibliothèque des sciences
humaines, p. 26. Les Essais d'iconologie, parus en
1939, furent réimprimés en 1962 ; ils ont
été traduits en 1966 en français par
Bernard Teyssèdre et publiés en 1967
* Il est clair que les Essais d'iconologie se
développent dans de nombreuses directions et sur
plusieurs plans. La démarche de l'auteur ne saurait
donc être réduite au passage que j'ai
utilisé. Celui-ci rend néanmoins bien compte
de l'esprit qui y préside et de la technique qui en
découle
5. Luis J. Prieto, Messages et Signaux. Paris,
PUF 1966, coll. Le Linguiste N° 2, p. 35 et 37.
L'essentiel de ce livre a été repris dans
Le Langage. Chapitre «La Sémiologie
», Encyclopédie de la Pléiade
6. Ibidem, p.58
** Sans vouloir pousser l'analogie jusqu'au paradoxe,
on peut dire que l'organisation sociale se présente
à la limite sous un aspect sémiologique' Un
sème se définit comme la correspondance entre
une division déterminée du champ
sémantique en classes complémentaires et une
division analogue du champ noétique de même,
sans aller aussi loin, le rapport social établit la
correspondance entre les différents groupes et les
distribue en «classes
complémentaires»
7. Ibidem, p.58
8. Lewis CarolI, De l'autre côté du
miroir. (Alice au pays des Merveilles.) Verviers,
éd. Gérard & Co. 1963, coll.
Bibliothèque Marabout géant illustré,
p. 246
*** Nous le verrons plus longuement dans les deux
derniers chapitres mais il est nécessaire de le
garder à l'esprit pour éviter la tentation,
comme c'est toujours le cas en pareille matière, de
s'en tenir à l'aspect formel
**** Se rend-on -compte que depuis une décennie
ou deux les archives «collection de pièces,
titres, documents, dossiers anciens» comme les
définit encore le dictionnaire (Petit Robert 1967)
subissent une mutation dont on n'a pas encore pris
conscience ? C'est en effet les films et les bandes
magnétiques de la TV qui fourniront aux futurs
historiens le plus clair de leur documentation. Pierre
Schaeffer ne se prive pas de dire leur fait à ceux
qui l'ignorent «Depuis des années et des
années, des dizaines de milliers de gens dans le
monde filment et enregistrent. Des foules, des hommes
politiques, des accidents, des discussions, des visages.
C'est un matériel prodigieux, Il paraît qu'il
existe dans les universités ou au C.N.R.S. des
personnalités qui s'occupent des sciences de l'homme'
Elles ont les yeux fixés sur de menues enquêtes
et des domaines réservés, bretons ou dogons.
Pourquoi ne pas porter l'investigation dans cette masse de
documents filmés ? Je vous assure que lorsque je
regarde ces kilomètres d'images pendant des heures,
j'ai l'impression, le soir, d'en savoir un peu plus sur
l'homme : ceux qui filment autant que ceux qui sont
filmés.» Pierre Schaeffer, L'Avenir à
reculons. Paris, Casterman, 1970, coll.
Mutations-Orientations, N° 8, Et que nous
réservent magnétoscopes,
vidéo-cassettes, etc. ?
9. André Martinet, Eléments de
linguistique générale. Paris. Librairie
Armand Colin, 1967, coIl. U2, N° 15, p. 23
10. Georges Mounin, «Langage», dans La
Linguistique. Guide alphabétique. Paris. Editions
Denoel, 1969, coll. Médiations Grand Format, p.
168
***** L'acte sémique, avons-nous vu, consiste,
au moyen de signaux conçus et produits pour servir
d'indices, à nous faire connaître quelque chose
de certain à propos de quelque chose tenu de prime
abord pour incertain. Dans la communication ainsi
conçue et produite, l'opération capitale
résulte d'une distinction que nous omettons presque
toujours de faire : «Le sens et le signifié d'un
signal sont deux choses différentes, met en garde
Prieto le sens est un rapport social concret, le
signifié par contre est une classe de rapports
sociaux, c'est-à-dire une entité
abstraite.» La distinction entre sens et
signifié comme phénomènes concrets et
entités abstraites se retrouve dans le signifiant et
le signal «...qu'il ne faut à aucun prix
confondre : le signal est un fait concret ; le signifiant
par contre est une classe de faits concrets,
c'est-à-dire une entité abstraite.» Luis
J. Prieto, La Sémiologie, in Le
Langage. Paris, Gallimard, NRF, 1968.
Encyclopédie de la Pléiade, pp. 114,
122
Judith ou Salomé
?
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