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(Alain Theilkaes, novembre 2004, décembre 2005) (Le professeur René Berger a été l'un des premiers à tenter d'éclairer la mutation en cours en recourant entre autres à de nombreux néologismes : http://college-de-vevey.vd.ch/auteur/rene_berger.htm) dont celui de technoculture et de Multimedia en 1971, déjà )
Pourquoi se préoccuper de l'évolution humaine, et, surtout, de celle de l'informatique ? Cette dernière symbolise la représentation "vivante" de l'évolution fantastique de notre espèce, de notre monde mais à l'échelle cosmique... Avec l'intelligence artificielle ce qui est recherché est la notion d'apprentissage. C'est une caractéristique des systèmes distribués tout comme de l'évolution qui peut si on l'envisage sous cet angle, être considérée comme une manière d'apprentissage. Dans les deux cas, des systèmes passent par une longue et lente période de démarrage suivie d'une accélération. L'évolution de la vie sur notre planète est une illustration précise de ce phénomène d'accélération. L'apparition de la vie, sous la forme d'organismes unicellulaires, remonterait à quatre milliards d'années. Rien n'aurait changé pendant deux milliards d'années, semble-t-il. Puis le noyau serait apparu dans la cellule. Quelques centaines de millions d'années plus tard, on aurait passé aux organismes pluricellulaires. Encore quelques centaines de millions d'années et la diversité a explosé et s'est accrue. Il y a deux cents millions d'années, on aurait trouvé de grands végétaux et des animaux, complexes, les dinosaures. L'homme arriverait sur le tard. Le premier singe se serait tenu debout il y a quatre millions d'années et les ancêtres de l'homme auraient peuplé la Terre deux millions d'années plus tard. Les peintures rupestres n'auraient que trente- cinq mille ans. Une accélération à couper le souffle. Si on condense l'histoire de la vie sur la Terre en vingt-quatre heures, les organismes multicellulaires n'apparaitraient qu'au bout de douze heures, les dinosaures pendant la dernière heure, les premiers hommes à quarante secondes de la fin et l'homme moderne dans la dernière seconde... !! II aurait fallu aux cellules primitives deux milliards d'années pour incorporer un noyau, le premier pas vers la complexité, mais il n'en aurait fallu que deux cents millions - le dixième de ce temps - pour arriver aux animaux pluricellulaires. Et quatre millions d'années seulement pour passer du singe, avec son petit cerveau et ses outils rudimentaires, à l'homme moderne et au génie génétique. Voilà ce qu'on appelle une accélération. Le même schéma se retrouve dans le comportement des systèmes d'agents. Il faut longtemps aux agents pour faire le «travail préparatoire», mais, lorsque c'est terminé, les progrès peuvent être rapides. Il ne leur est pas possible de se dispenser de cette maturation préliminaire, pas plus qu'à un être humain de se dispenser de l'enfance. De la même manière, il est impossible d'éviter l'accélération qui suit. Elle fait en quelque sorte partie intégrante du système. (Pour plus de détails voir aussi Scirus, extraordinaire moteur scientifique http://www.scirus.com/srsapp/ mais aussi Pour la Science et La Recherche http://www.pourlascience.com/index.php?ids=zCyksyWlbIWtrEYFKwVe et http://www.larecherche.fr/ et aussi d'autres moteurs coopératifs "intelligents" comme l'observatoire-pilote de l'EPFL http://oeuf.epfl.ch/index_html)
Interrogations sous forme de réflexions-questions - Est-il possible que l'Humanité devienne une espèce de type fourmi, termite ou abeille. Le développement coopératif, en réseau, supprimera-t-il le libre arbitre, l'indépendance ? - Car un des buts de la programmation "intelligente" actuelle est celle dite des systèmes distribués : programmation utilisant des algorithmes neuronaux basés sur le développement de l'animal comme image, de type proie-prédateur, par exemple (http://www.info.ucl.ac.be/enseignement/cours_et_matieres/cours/ingi3191.html et http://www.labri.fr/Perso/~mosbah/Enseignement/ALGODIST/cours1.pdf) - Heureusement ou malheureusement, l'Homme ne fonctionne pas ainsi : il suit, dans un groupe, un leader ; il en a besoin. Les poissons, les oiseaux ont une "intelligence" collective ou distribuée. Ils agissent ensemble d'un seul mouvement (comme des bancs de poissons tournant tous d'un coup ou des nuages d'étourneaux...) Mais apprennent-ils des choses nouvelles ? Évoluent-ils ? - La recherche sur les agents dits "intelligents" est lancée depuis dix ans. Dix ans c'est long dans les systèmes d'information... (http://www.agentland.com/ voir aussi http://www.bonweb.com/agents-intelligents-recherche-internet.php) - La recherche est axée aussi sur la robotique, mais là aussi il faut de "l'intelligence", alors quel modèle choisir ? - Les agents sont développés surtout dans la Silicon Valley, mais aussi à Santa Fe, avec le laboratoire mythique de Los Alamos, haut lieu de développement du futur. (http://www.lanl.gov/orgs/pa/News/SFAIrelease.html) - Ces agents, ces programmes "intelligents" sont repris en modèles mathématiques théoriques dans les plus grandes Universités, dont celle de Carnegie Mellon, où l'on travaille beaucoup sur le développement de l'I.A. (http://www.cmu.edu/) - Mais ces agents ne sont qu'une partie de la révolution numérique fantastique qui a pris une importance folle avec le multimedia, les réseaux et l'Internet, offrant ainsi l'accès à tous à la cyberculture (http://college-de-vevey.vd.ch)
Pourquoi se préoccuper de l'enseignement de, avec et par l'informatique ? Tout d'abord, rappelons que le terme "informatique" signifie le traitement automatique de l'information. L'Informatique n'est donc utile que pour les machines-outils qui ont remplacé l'Homme... ? Mais l'informatique, comme le sens de son terme, a évolué de manière drastique. Seulement, et c'est le propre des systèmes complexes, cela ne s'est pas passé aussi simplement que voulu. Il y a eu évolution et adaptation, et recherches prospectives. Évolution des techniques, des technologies, des langages, de la manière d'appréhender les systèmes simulés ou non, etc. ; puis il y a eu détournement des objectifs finaux, et ceci de manière imprévisible et (in)volontaire de la part des clients potentiels visés. Preuve de la théorie du Chaos ? (http://www.ac-nancy-metz.fr/pres-etab/poinca_h/htm/henrimth.htm ou aussi http://www.cam.org/~mdumont/1096/1096-p8.htm) La preuve informatique : en trente ans, depuis 1974, il y a eu une révolution (premier essai de création d'un micro-ordinateur, André Thi Truong, 1973 - http://www.volle.com/rennes/origine.htm) par rapport à la longue gestation des systèmes automatisés - (depuis la clepsydre - 500 ans avant J.-C ; - les automates - le premier en 800 après J.-C ; - les bases du calcul automatique - Pascal, XVIIe ; - la logique et la programmation - Boole et Ada Lovelace, XIXe ; - les calculateurs" intelligents" - théorème et machine de Turing, XXe http://www.bibmath.net/bios/index.php3?action=affiche&quoi=turing ; - pour en arriver à l'éclosion des réseaux de réseaux, XXIe). Le Tableur (1978, la feuille de calcul informatique) a été, dit-on, le premier pas de la révolution numérique grand public. L'interface Homme-machine élaborée du Macintosh, en 1984, le deuxième. Le jeu électronique, donc la simulation, auquel peu d'adultes n'ont prêté attention, est le troisième (l'industrie du jeu électronique, celle du jeu en réseau sur Internet depuis quelques années, rapporte plus d'argent que l'industrie du cinéma, et ceci depuis 1999.) Le quatrième fut celui des réseaux, et l'Internet. Le cinquième étudie l'infiniment petit avec les nano-technologies... Et finalement arrivera le sixième pas avec la physique quantique pour la cryptographie et la Téléportation ? Mais les sciences intervenant dans les six étapes apparentes précitées sont en fait plus anciennes, parfois découvertes en parallèle, mais émergentes l'une après l'autre pour tout un chacun selon les nouvelles applications que l'Homme construit. Les médias ont passé rapidement de l'uni-media au multimedia (cf. René Berger - la Mutation des signes, 1972 et http://college-de-vevey.vd.ch/auteur/rene_berger.htm). Les mass media cherchent leur voie dans l'intégration des diverses technologies et dans la chaîne de production-distribution numérique de l'information. Bref le monde oscille, hésite, zappe... Le zapping, justement, les médias l'ont appris à la génération "TV" qui nous dirige... et qui dirige la génération numérique émergente Voilà les problématiques posées et qui interviennent dans les paramètre de l'analyse complexe des phénomènes de l'intégration.
Les enfants et la technologie Le défi quotidien de l'école c'est de faire défiler devant une même génération d'enseignants, deux à trois générations nouvelles d'élèves. La génération actuelle dans nos écoles primaires et secondaires est née avec l'ère du numérique. Les enquêtes faites dès 1999, dans le monde, montraient bien l'accroissement exponentiel de l'utilisation des moyens de communication par les dix-quinze ans. Actuellement, la courbe est dans la pente ascendante L'utilisation du téléphone cellulaire, devenu micro-ordinateur, est devenue banale dans les préaux : sa fonction d'outil de production est détournée au profit d'une utilisation plus ludique. Les enfants eux-mêmes associent l'utilisation de ces objets de communication à une «drogue». Il y a encore quelques années, on pouvait opposer à cette description qu'elle ne correspondait qu'au cinquième de la population mondiale. On pouvait aussi penser que, dans un monde où, d'après Steven Miller : «65% des habitants n'ont jamais effectués un appel téléphonique de leur vie et 40% n'ont pas accès au réseau électrique», cela ne nous concernait que peu... Mais il n'y a qu'à observer le développement exponentiel de la Chine et de l'Asie pour comprendre que l'équilibre Nord-Sud bascule de l'Ouest à l'Est et que le cinquième de la population a été vite rejoint, par la moitié de la population mondiale (http://bcsia.ksg.harvard.edu/person.cfm?item_id=166&In=full&program=ISP mais aussi le projet Grid - http://kg.ict.ac.cn/) Pourtant les enfants que nous avons à l'école sont bien ceux qui font partie de la société de l'accès et nous devons en tenir compte. Ces nouveaux citoyens sont décris par le psychologue Robert Lifton comme des individus «protéiformes». Il les présente comme des personnes sans grande capacité de concentration qui se montrent plus spontanées que réfléchies, qui conçoivent leur activité professionnelle comme un jeu et se sentent plus créateurs que producteurs. Ils se fient plus à l'émotion qu'à l'analyse, et vivent dans des univers dont les frontières sont fluides et imprécises et où les traditions n'ont pratiquement pas leur place.(http://www.brainyencyclopedia.com/encyclopedia/r/ro/robert_lifton.html) L'accès grandissant à la cyberculture a préoccupé très tôt certains psychologues, comme Sherry Turkle du MIT, qui a décrit, en 1986, les symptômes d'un nouveau dérèglement comportemental chez les jeunes, qu'elle nomme le «syndrome des personnalités multiples». La vie dans le cybermonde conduit certains à créer «des modes de conscience fragmentaires et éphémères qu'ils utilisent pour négocier leur identité provisoire sur les réseaux ou dans les univers virtuels». (http://web.mit.edu/sturkle/www/) Dans ce cadre, comment peut-on demander à des élèves de travailler selon des normes et des valeurs qu'ils ne partagent pas ou plus avec les enseignants ? Surtout que les enfants ont détourné la technique et la technologie à leur profit. Ils l'ont fait évoluer comme ils le désiraient, mais toujours en dehors de l'école qui, elle, stagne, même si elle se croit en mutation
L'école et la technologie L'école est sans aucun doute un lieu privilégié pour apprendre la socialisation et l'attachement des comportements à certaines valeurs pour vivre dans le groupe. Mais constatons que la population de nos élèves a changé, et change encore rapidement... Le concept de I'Etat-Nation développé par la révolution industrielle et les valeurs nationalistes qu'il sous-tend vole en éclats avec l'arrivée du village global et de l'hétérogénéité de provenance des individus qui forment les espaces classes. En dehors de l'école, les élèves accèdent à cette nouvelle sphère hors du temps et de l'espace qu'est le cybermonde. Ils "chatent", ils "bloguent", jouent en réseau sur Internet, et envoient des mails à des inconnus de Boston sans même savoir où cette ville se situe sur la mappemonde, et de toute manière ils s'en fichent Seulement, d'après une étude de la Kaiser Family Foundation, nos enfants passent en moyenne cinq heures et demie par jour devant l'écran (TV et ordinateur) et 81% des moins de sept ans, et 95% dès l'âge de sept ans, ne sont pas accompagnés face à l'Internet, entre autre. (http://www.kff.org/) C'est pour cela que l'école se doit d'intervenir. Laissés seuls, sans guide, nos élèves ne différencient plus ce qui est de ce qui n'est pas, le vrai du faux, ce qui leur appartient de ce qui appartient aux autres. Face à ce que vivent les élèves en dehors de l'école, leur accès à la cyberculture, combien de temps pourra-t-elle défendre son bastion de l'accès traditionnel aux savoirs ? Le désormais ex-sénateur des Bouches du Rhône, René Trégouet, s'alarme de voir la puissance des outils et des médias mis à la disposition des enfants en dehors de l'école et du contenu, souvent médiocre et tendancieux, qu'ils véhiculent. Il propose depuis fort longtemps que l'école intègre les TIC afin que «tous les enseignants aient bien conscience que nous aurons changé le destin de la France quand un petit gamin de huit ans, revenant de son cours de CE2, dira à sa mère en rentrant chez lui : «Tu sais, Maman, c'est cool, l'image dont se sert mon maître pour m'expliquer le monde est plus belle que celle de ma PlayStation !» (RT Falsh n° 88) (http://www.tregouet.org/) L'ordinateur est le moteur de cette révolution sociale, comme l'imprimerie de Gutenberg a été celui de la Révolution industrielle. N'oublions pas que c'est aussi grâce à l'imprimerie que l'alphabétisation universelle a été possible. Nul doute que l'ordinateur, le multimedia et les réseaux de communication sont une chance pour l'école d'aujourd'hui et de demain, et, pour les élèves, l'accès à la cyberculture. Beaucoup de maîtres interrogés sont conscients de l'importance des nouveaux médias à l'extérieur de l'école et du besoin d'encadrer leurs élèves dans cette découverte. Pourtant jamais l'école n'a véritablement formé systématiquement le corps enseignant à l'utilisation intelligente des nouvelles technologies. Il faut le faire du point de vue technique, d'abord, et c'est indispensable, puis intervenir pédagogiquement, ensuite. Mais, la formation pédagogique se fera plus naturellement à l'interne de l'établissement : question de proximité, de confiance, mais surtout d'adaptation à la situation locale
Que recouvre le terme d'informatique pédagogique ? Ces deux termes recouvrent de nombreuses appellations et interprétations. Ils se conjuguent également en français dans les pays voisins en "technologies de l'information et de la communication", TIC ou TICE, si l'on rajoute un E pour éducation. Ils englobent tout aussi bien le matériel, le logiciel que l'encadrement nécessaire à son utilisation et à ses applications diverses. Ils se marient désormais beaucoup plus avec la connectique (câble, ondes, téléphone) par la déferlante Internet. L'arrivée des relais-satellites à basse altitude élargit la Communication sous des formes les plus diverses : nouvelle téléphonie multimedia (UMTS, universal mobile telecommunications system), nouvelle domotique, nouvelle vie sociale avec les "objets pensants", issus de la recherche du Media-Lab du MIT, ente autre (http://www.symbol.com/news/pressreleases/press_releases__miscpr__things.html). Ce sera déjà la vraie intégration du tout numérique dans la vie courante, donc une forme d'intégration parallèle à l'école Tout cela mène-t-il l'école, la société, vers un réseau de réseaux, dont l'enjeu et le contenu seront "le pétrole" du XXIe siècle ? Toutefois, l'intégration dans l'enseignement va bien au-delà des installations techniques. Les projets les plus récents devraient insister sur l'équilibre à maintenir entre des piliers porteurs de cette intégration : - l'ouverture à tous à la cyberculture, afin de favoriser l'interactivité et la créativité ; - les modifications fondamentales des notions de programmes, des socles immuables des savoirs, afin de favoriser un apprentissage du type serendipity ; - les nouvelles formations initiale et continue du corps enseignant en vue de cette intégration et passant par un relais indispensable : les personnes-ressources - animateurs ou chefs de file d'informatique ; - l'organisation rationnelle de l'assistance pédagogique et technique, in situ, dans les établissements par des personnes proches localement : les animateurs ou chefs de file d'informatique ; - l'équipement complet, intégrant la mise en réseau complète et l'accès aux divers mass media en ligne (http://news.google.com/nwshp?hl=en&gl=us) tout en évitant l'abus de la surenchère d'informations de niveau planétaire La phase actuelle, souvent appelée Intégration, est arrivée plus vite que prévu pour tout le monde à cause de l'ouverture et de la généralisation des télécommunications. Cette mise en réseau, en interconnexion mondiale, bouleverse déjà le Commerce, la Banque, l'Administration, l'École, l'Accès au savoir en ligne et la Société tout entière, touchant chacun de nous jusque dans son intimité L'enjeu du multimédia et des réseaux est bien compris depuis longtemps par les grandes entreprises (de Disney à Time Warner, en passant par les "majors" des télécommunications). Le futur est déjà en route sur le Net, via Java et Linux (tous deux gratuits), et prochainement avec l'arrivée du géant Microsoft (pas gratuit ) et de son système d'exploitation en ligne, Windows.net, prévu pour 2006, et qui se mettra en place pendant 3 ans au minimum Mais
Big Brother is really watching you La surveillance du flux et du contenu de l'information par des tiers, même dûment mandatés, est aussi un enjeu éthique pour nos sociétés, et pour nos écoles Il y a ici aussi un enjeu de certains États voulant priver le citoyen de son statut de citoyen libre Les "grandes oreilles" de la NASA, la collusion Windows-US gouvernement (ouverture du code de cryptage à la NSA dans Explorer, suivi des numéros des processeurs Intel sur le réseau, etc.) pour la surveillance du Net et celle des e-mails par le FBI (projet Carnivore, http://www.wirednews.com/news/politics/0,1283,37744,00.html), ont amené certains pays comme la France à créer un organisme nouveau le CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés, http://www.cnil.fr), afin de pouvoir défendre le citoyen. Mais pas en Suisse ?
La prospective mondiale La Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Finlande, pour ne citer que ces pays, ont entrepris de grands efforts financiers à l'échelle nationale pour ouvrir leurs écoles à la communication. De nombreux gouvernements ont ainsi négocié des accords tarifaires avec les entreprises de télécommunication. L'Angleterre souhaite drainer tous les participants du système de formation, y compris les adultes, vers son réseau éducatif national (National Grid for Learning). L'Irlande met l'accent sur l'interconnexion des écoles et la qualité des liens sélectionnés plutôt que sur l'équipement. Aux USA, où la communication et le commerce électroniques sont d'usage banal, l'objectif du gouvernement est de connecter chaque classe du territoire à l'Internet jusqu'au terme de l'an 2005 et de former tous les étudiants dans le domaine (The Technology Literacy Challenge, http://www.ed.gov/index.jhtml). Plus de 50 % des jeunes de 16 à 22 ans y sont déjà des usagers réguliers. Un office central, la National Library of Education (http://www.ed.gov/NLE/index.html), est chargé de filtrer le réseau sur la base de critères de qualité et de pertinence. Les dépenses consacrées aux TIC dans les écoles américaines sont aujourd'hui plus élevées que les sommes afférentes aux livres et autres matériels imprimés. L'OCDE évalue à 16 milliards de dollars US les montants affectés chaque année aux TICE dans l'ensemble de ses pays membres. Mais, comme on peut s'en douter, les ressources demeurent très inégalement réparties tant entre les pays qu'à l'intérieur de chacun d'eux. Ainsi le nombre d'élèves par ordinateur varie-t-il de 35 (Portugal) à moins de 6 (Norvège) au degré secondaire, de 150 (Portugal) à 8 (États-Unis) au degré primaire. Mais pour l'instant ces investissements s'ajoutent au coût général de l'école, sans réduction significatives dans d'autres domaines : le financement demeure le problème le plus ardu des objectifs d'équipements et plus encore de formation. Le projet le plus important mené à ce jour en Europe est sans aucun doute EUN Schoolnet. (http://www.en.eun.org/eun.org2/eun/en/index.html) Le Consortium EUN est une initiative stratégique de dix-neuf ministères de l'éducation d'Europe (en plus des pays membres de l'Union Européenne : l'Islande, la Norvège, la Slovénie et la Suisse) en coopération avec la Commission Européenne. C'est la première fois en Europe que le développement de l'utilisation des TIC dans l'éducation reçoit un soutien à un tel niveau et à une telle échelle, en partenariat avec des acteurs majeurs de l'industrie des technologies de l'information et de la communication. Il s'agit de construire un réseau de réseaux, collaboratif et ouvert, au service des écoles européennes. EUN apparaît comme le lieu d'une double mouvement : d'une part, reconnaître et favoriser la diversité, du multiculturalisme et du multilinguisme en Europe, d'autre part construire une identité européenne commune.
En Conclusion (provisoire) La vraie MUTATION de l'Ecole, c'est l'INTEGRATION techno-pédagogique Et l'INTEGRATION techno-pédagogique, c'est l'accès total à la CYBERCULTURE Les moyens financiers pour y arriver doivent être donnés aux établissements, avec toute liberté d'utilisation par eux selon les conditions locales, mais selon un plan et objectifs définis Les formations techniques doivent être offertes aux animateurs ou responsables d'informatique, car il n'y a pas d'intégration pédagogique sans une préalable intégration technologique de leur part Une formation technologique continue doit être offerte aux animateurs et responsables d'informatique, qui sont les interlocuteurs privilégiés de la direction, des enseignants et des élèves de l'établissement Les formations des autres enseignants doivent être principalement offertes à l'interne de l'établissement, car elles se donnent selon les conditions technologiques locales et en toute confiance avec les animateurs ou responsables d'informatique locaux Les moyens technologiques financés par l'Etat doivent être actualisés régulièrement afin de pouvoir répondre à l'évolution décrite avant : réseaux, cablâges divers, accès pour tous à la cyberculture, etc Les élèves, principalement concernés par cette évolution fulgurante, doivent pouvoir travailler en toute accessibilité technique et pédagogique, mais avec des enseignants comme co-ordinateurs du nouveau savoir accumulé, une charte technologique pour les réseaux divers de l'établissement et/ou un filtre internet approprié (cf. le projet de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne - EPFL : eyekidz - http://www.eyekidz.com/) décembre 2005 |